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Volet médical ViaTrajectoire : comment le faire remplir par le médecin traitant

Publié le 15 août 2026 · Lecture 10 min

C'est l'étape qui bloque le plus de dossiers EHPAD en France, et de loin. Vous avez rempli votre partie, tout semble parti — mais tant qu'un médecin n'a pas validé le volet médical, aucun établissement n'ouvrira votre dossier. Voici ce que ce volet contient, comment obtenir le rendez-vous, ce qu'il faut apporter, et les solutions quand il n'y a pas de médecin traitant.

Françoise et Didier, fondateurs d'Un Autre Chez Soi, habitat partagé Alzheimer à Villars (Loire)

Une famille nous a raconté cette histoire, et nous l'entendons sous des variantes presque chaque mois.

Dossier ViaTrajectoire déposé en janvier. Douze établissements. Aucune nouvelle jusqu'en juin. Cinq mois d'angoisse, de courriers relus, de « pourquoi personne ne nous répond ». Puis un appel à l'un des EHPAD, et cette phrase : « mais madame, le volet médical n'a jamais été rempli, nous n'avons jamais pu étudier le dossier ».

Cinq mois perdus pour vingt minutes de consultation.

1cause n°1 des dossiers EHPAD bloqués
15-20minutes suffisent au médecin pour le remplir
0accès de la famille au contenu : secret médical
6GIR de la grille AGGIR, du plus au moins dépendant

Pourquoi ce volet existe

Le dossier d'admission en EHPAD est coupé en deux depuis toujours — bien avant la version numérique. La partie administrative vous appartient : identité, ressources, entourage, souhaits. La partie médicale appartient au médecin et à lui seul, parce qu'elle contient des informations couvertes par le secret professionnel : pathologies, traitements, troubles cognitifs, soins requis.

Dans la version papier, le formulaire national — le Cerfa n° 14732*03 — prévoyait déjà que le volet médical soit transmis « sous pli confidentiel » à l'attention du médecin coordonnateur de l'établissement. ViaTrajectoire n'a fait que dématérialiser ce cloisonnement : vous ne verrez jamais ce que le médecin écrit, et l'EHPAD non plus, à l'exception de son médecin coordonnateur.

Ce n'est pas de la rétention d'information. C'est une protection, et elle joue en faveur de votre proche : personne au service administratif d'un établissement n'a à connaître son diagnostic.

Pourquoi cela bloque tant de dossiers

Parce que la responsabilité de cette étape n'est portée par personne. La famille croit avoir terminé quand son volet est envoyé. Le médecin, lui, n'est pas averti automatiquement dans tous les cas — c'est au patient ou à l'aidant de le prévenir. Résultat : le dossier attend, et chacun pense que l'autre s'en occupe.

Qui peut le remplir

Un médecin, exclusivement. Mais pas forcément le médecin traitant : plusieurs praticiens peuvent en pratique s'en charger, et c'est une souplesse trop peu connue.

QuiDans quel casRapidité
Médecin traitantLe cas standard : il connaît l'historique, les traitements, la familleDépend du délai de rendez-vous
Médecin hospitalierPendant une hospitalisation : le service peut remplir le volet sur placeLa voie la plus rapide
GériatreAprès un bilan gériatrique ou une consultation mémoireRapide si le suivi est déjà engagé
Médecin coordonnateurQuand un établissement accompagne déjà la personne (accueil de jour, temporaire)Variable

Retenez surtout la deuxième ligne. Une hospitalisation est la meilleure fenêtre pour débloquer un volet médical : le médecin du service a le dossier complet sous les yeux, l'assistante sociale du service est déjà mobilisée, et tout peut se faire en quarante-huit heures. Si votre proche est hospitalisé, demandez-le explicitement — personne ne vous le proposera spontanément. Notre guide sur la sortie d'hospitalisation en gériatrie détaille ce moment où tout s'accélère.

Ce qu'il contient vraiment

Vous n'y aurez pas accès, mais savoir ce qui s'y trouve vous aide à préparer le rendez-vous. Le médecin y renseigne :

  • les pathologies en cours et les antécédents significatifs ;
  • les traitements et l'ordonnance en vigueur ;
  • l'état cognitif : mémoire, orientation, jugement, et le cas échéant les scores de tests déjà réalisés ;
  • les troubles du comportement : déambulation, opposition aux soins, inversion du rythme jour-nuit, agitation vespérale ;
  • les soins requis : pansements, injections, surveillance, aide à la prise des médicaments ;
  • les risques : chutes, dénutrition, fausses routes, escarres ;
  • l'appréciation du niveau d'autonomie.

Une chose mérite d'être dite franchement : la tentation de minimiser existe, chez les familles comme parfois chez les médecins, par pudeur ou par crainte du refus. C'est une erreur. Un volet médical qui édulcore les troubles produit deux effets pervers : il oriente vers un établissement qui n'a pas les moyens d'accompagner, et il aboutit à une admission fragile, parfois remise en cause quelques semaines plus tard. La précision protège votre proche ; l'euphémisme le dessert.

Le volet autonomie et la grille AGGIR

Attenant au volet médical, le volet autonomie évalue ce que la personne fait encore seule et ce qu'elle ne fait plus. Il s'appuie sur la grille AGGIR, la même qui sert au calcul de l'APA — cohérence bienvenue.

Cette grille classe en six niveaux, du GIR 1 (dépendance la plus lourde) au GIR 6 (autonomie conservée). Deux repères utiles : à partir du GIR 4 s'ouvre le droit à l'APA ; les EHPAD accueillent principalement des résidents en GIR 1 à 4.

Le GIR n'est pas qu'une formalité : il pèse dans l'arbitrage des commissions d'admission, et il conditionne le tarif dépendance facturé. Si une évaluation APA a été réalisée récemment par le Département, mentionnez-la au médecin : elle lui fait gagner du temps et évite les écarts entre les deux évaluations.

Obtenir le rendez-vous : la méthode

C'est ici que tout se joue. Trois principes.

Prenez un vrai rendez-vous, dédié

N'espérez pas un remplissage « en fin de consultation, si on a le temps » : il n'y a jamais le temps. Prenez une consultation classique et annoncez l'objet en réservant : « c'est pour remplir le volet médical d'un dossier ViaTrajectoire pour l'EHPAD ». Le secrétariat prévoira le créneau adéquat, et le médecin arrivera préparé.

Venez avec votre proche si c'est possible

Le médecin doit évaluer l'état actuel, pas celui d'il y a six mois. Sa présence rend le remplissage plus juste et plus rapide.

Vérifiez que le dossier lui est bien parvenu

Les médecins accèdent à ViaTrajectoire via leur espace professionnel — celui hébergé, en Auvergne-Rhône-Alpes, sur trajectoire.sante-ra.fr. Tous ne l'utilisent pas quotidiennement. Munissez-vous du numéro de dossier et de l'identité exacte sous laquelle il a été créé : si le médecin ne le retrouve pas, ces deux informations résolvent le problème en une minute.

La règle d'or : prenez le rendez-vous chez le médecin le jour même où vous terminez le volet administratif. Pas « la semaine prochaine », pas « quand on aura le temps ». C'est l'unique geste qui distingue un dossier actif d'un dossier qui dormira six mois.

Ce qu'il faut apporter

Plus le médecin dispose d'éléments concrets, plus le volet sera précis — et un volet précis oriente mieux.

  • L'ordonnance en cours, et si possible toutes les boîtes de médicaments ;
  • les comptes rendus récents : hospitalisations, consultation mémoire, bilan gériatrique ;
  • la notification APA et le GIR attribué, s'ils existent ;
  • les résultats de tests cognitifs déjà passés — MMSE, test des 5 mots ;
  • votre observation d'aidant, écrite à l'avance : dates de chutes, épisodes de désorientation, sorties nocturnes, poids perdu. Le médecin voit votre proche vingt minutes tous les trois mois ; vous le voyez tous les jours. Ce que vous notez a une vraie valeur clinique.

Si aucun bilan récent n'existe, c'est peut-être le moment d'en demander un : notre guide du bilan gériatrique explique en quoi consiste cette évaluation d'ensemble, qui fournit précisément les éléments dont le volet médical a besoin.

Un dossier en cours ? Gardez une seconde option

Un Autre Chez Soi ouvre en décembre 2026 à Villars (42) : 8 places en habitat partagé Alzheimer, accompagnement 24h/24, environ 2 500 €/mois.

Rejoindre la liste d'attente

Sans médecin traitant, que faire

Des millions de Français n'ont plus de médecin traitant, et la Loire n'échappe pas à la tension démographique. Le dossier n'est pas condamné pour autant : quatre portes restent ouvertes.

  1. L'hospitalisation. Si votre proche est ou sera hospitalisé, demandez au service de remplir le volet. C'est la voie la plus rapide, et elle ne dépend d'aucun rendez-vous de ville.
  2. Le centre de santé ou la maison de santé pluriprofessionnelle. Ces structures acceptent des patients sans médecin traitant déclaré et peuvent assurer l'évaluation.
  3. La consultation de gériatrie. Sur adressage, une consultation d'évaluation gériatrique produit exactement les données attendues. Notre guide des gériatres de la Loire recense les consultations du département.
  4. La conciliation de l'Assurance Maladie. Votre caisse peut vous aider à trouver un médecin traitant lorsque les recherches personnelles ont échoué. La démarche prend du temps, mais elle règle le problème durablement.

Dans tous les cas, l'assistante sociale de secteur ou du CCAS connaît les praticiens du territoire qui acceptent encore des patients. C'est un appel qui vaut souvent mieux que dix recherches en ligne.

Quand ça bloque quand même

Trois situations reviennent, et chacune a une issue.

Le médecin ne trouve pas le dossier. Neuf fois sur dix, c'est une question d'identité : nom de naissance contre nom d'usage, date de naissance mal saisie. Donnez-lui le numéro de dossier et l'orthographe exacte utilisée à la création.

Le médecin repousse. Rarement par mauvaise volonté : par manque de temps, ou parce qu'il utilise peu l'outil. Proposez un créneau dédié, apportez les documents prêts, et si nécessaire faites relayer la demande par l'assistante sociale — un appel de professionnel à professionnel débloque souvent en une journée ce que trois semaines de messages n'ont pas obtenu.

Le médecin est en désaccord avec l'orientation. Cela arrive, et c'est légitime : il estime que le maintien à domicile est encore possible, ou qu'il faut d'abord un bilan. Écoutez l'argument, il vaut souvent d'être entendu. Puis rappelez qu'un dossier déposé n'engage à rien et n'accélère aucune entrée : il ouvre simplement une possibilité que l'on met dix-huit mois à obtenir. Anticiper n'est pas précipiter.

Le cas Alzheimer : ce qui se joue vraiment

Pour un proche atteint de la maladie d'Alzheimer, ce volet ne fait pas qu'ouvrir un dossier : il détermine le type de place qui vous sera proposé. Selon que le médecin décrit ou non une déambulation, un risque de fugue, une agitation en fin de journée, le dossier s'orientera vers un hébergement classique ou vers une unité de vie protégée.

C'est aussi ce qui explique certains refus. Un EHPAD sans unité fermée ne peut pas accueillir en sécurité une personne qui sort la nuit — le dire n'est pas un rejet, c'est une limite de moyens. Nous détaillons ces mécanismes dans refus d'EHPAD pour un proche Alzheimer, et nous cartographions les unités spécialisées disponibles sur notre page EHPAD Alzheimer dans la Loire.

Et parfois, la réponse la plus juste n'est pas une unité fermée. Pour une personne à un stade léger à modéré, encore capable de participer à la vie d'une maison, l'échelle d'un établissement de 80 à 150 résidents n'est pas la seule option. Depuis 2021, Françoise et Didier construisent à Villars, à 10 minutes de Saint-Étienne, un habitat partagé Alzheimer de 8 places : chambre privative meublée par le résident, jardin, auxiliaires de vie 24h/24 — un accompagnant pour quatre personnes —, familles bienvenues sans horaires. Ouverture en décembre 2026, environ 2 500 €/mois. Faites remplir votre volet médical : il vous sera utile dans tous les cas. Et parlons-en ensuite, simplement, au 06 67 48 80 91.

Découvrez notre projet en vidéo

Questions fréquentes

Qui peut remplir le volet médical ?

Un médecin, exclusivement : le médecin traitant le plus souvent, mais aussi un médecin hospitalier pendant une hospitalisation, un gériatre, ou le médecin coordonnateur d'un établissement. La famille n'y a pas accès : le contenu est couvert par le secret professionnel et n'est lisible que par le médecin coordonnateur de l'EHPAD destinataire.

Le médecin peut-il refuser de le remplir ?

Un refus de principe est rare : cela fait partie du suivi du patient. Les blocages tiennent au temps ou à la méconnaissance de l'outil, plus rarement à un désaccord sur l'orientation en EHPAD. Si cela persiste, faites relayer la demande par une assistante sociale, ou saisissez l'occasion d'une hospitalisation pour qu'un médecin du service prenne le relais.

Combien de temps prend le remplissage ?

Quinze à vingt minutes pour un médecin qui connaît son patient et a le dossier sous les yeux. Le problème n'est donc pas la durée mais l'obtention d'un créneau dédié : prenez une consultation en annonçant l'objet du rendez-vous plutôt que d'espérer un remplissage en fin de visite.

Que faire sans médecin traitant ?

Quatre solutions : profiter d'une hospitalisation pour faire remplir le volet par le service, passer par un centre ou une maison de santé, solliciter une consultation de gériatrie, ou demander à votre caisse d'Assurance Maladie d'être aidé à trouver un médecin traitant. L'assistante sociale de secteur connaît les praticiens du territoire qui acceptent des patients.

Une alternative humaine à l'EHPAD existe

Un Autre Chez Soi ouvre en décembre 2026 à Villars (42). 8 places en habitat partagé Alzheimer, accompagnement 24h/24, environ 2 500 €/mois.

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