Alzheimer · Domicile

Votre proche Alzheimer sort la nuit : que faire ce soir, cette semaine, et après

Publié le 17 août 2026 · Lecture 11 min

Il est trois heures du matin. Vous avez entendu la porte. Votre mère est dans la rue en chemise de nuit, elle cherche « la maison », celle de son enfance. Vous la ramenez, elle se rendort, vous non. Cet article est écrit pour le lendemain matin. Ce qu'il faut faire dès ce soir pour sécuriser sans enfermer, qui appeler cette semaine dans la Loire, et ce que ces nuits disent vraiment de la suite.

Françoise et Didier, fondateurs d'Un Autre Chez Soi, habitat partagé Alzheimer à Villars (Loire)
3hl'heure typique des sorties : le réveil du milieu de nuit
04 77 12 71 20l'unité mobile du CHU qui se déplace à domicile en cas de crise
0enfermement : sécuriser n'est pas verrouiller
24h/24la présence qui devient nécessaire, et que le domicile seul n'offre pas

Pourquoi votre proche sort la nuit

Ce n'est ni un caprice ni une provocation. Cinq mécanismes, souvent combinés.

  • L'inversion du rythme jour-nuit. La maladie dérègle l'horloge interne. Une personne qui somnole l'après-midi et reste éveillée la nuit ne fait pas exprès : son cerveau ne distingue plus les deux.
  • La désorientation au réveil. Se réveiller dans le noir, ne pas reconnaître la chambre, chercher un repère. La maison d'enfance, le lieu de travail d'il y a quarante ans, deviennent les seuls repères stables.
  • Un besoin physique. L'envie d'uriner, une douleur, une faim, une soif. La personne se lève pour y répondre et se perd en route.
  • Une cause médicale. Une infection urinaire, une constipation, un médicament mal toléré peuvent déclencher ou aggraver l'agitation nocturne en quelques jours. C'est la première chose à faire vérifier.
  • L'angoisse du soir. Le syndrome crépusculaire, cette agitation qui monte en fin de journée quand la lumière baisse et que la fatigue s'installe, se prolonge parfois dans la nuit.

Ce soir : sécuriser sans enfermer

La première réaction est de fermer à clé. Résistez-y. Une personne enfermée qui veut sortir panique, cherche une autre issue, tombe, ou vit une détresse qui empire tout. Sécuriser, c'est autre chose.

  • Rendre la sortie moins évidente : rideau devant la porte d'entrée, manteau et chaussures rangés hors de vue, clés retirées de la serrure.
  • Être averti : un détecteur d'ouverture de porte avec alarme sonore dans votre chambre, ou un tapis de sol détecteur au pied du lit. Quelques dizaines d'euros.
  • Éclairer le chemin : veilleuses automatiques entre la chambre et les toilettes. La moitié des levers nocturnes ont ce trajet pour but.
  • Préparer l'éventualité : une carte avec nom, adresse et votre numéro dans la poche de la robe de chambre et du manteau. Une photo récente sur votre téléphone. Les voisins prévenus, avec votre numéro.
  • Ne pas argumenter la nuit : quand vous la retrouvez, ne lui expliquez pas qu'elle est chez elle depuis trente ans. Dites « viens, il fait froid, on va boire quelque chose de chaud », raccompagnez, rassurez. La raison ne passe pas à trois heures du matin ; la douceur, oui.

Sur le GPS

Une montre ou un boîtier GPS glissé dans un sac ou un manteau permet de retrouver vite une personne sortie. C'est utile. Ce n'est pas une solution : cela vous dit où elle est, pas qu'elle est en sécurité. Le GPS achète du temps pour organiser le reste.

Cette semaine : qui appeler dans la Loire

Dans l'ordre.

Le médecin traitant, dès demain. Pour éliminer une cause médicale, infection urinaire, douleur, constipation, revoir les médicaments du soir et, si nécessaire, adresser vers la consultation mémoire. Un traitement mal toléré ou une infection expliquent une agitation nocturne sur deux.

L'unité mobile du CHU, si la situation est critique. Le CHU de Saint-Étienne dispose d'une unité mobile de neuro-psycho-gériatrie qui se déplace à domicile pour évaluer une crise et proposer des solutions : 04 77 12 71 20, du lundi au vendredi de 9h à 16h. Dans le Forez, le CH du Forez dispose d'une équipe mobile de psycho-gériatrie. Les ressources de chaque secteur sont dans Alzheimer dans la Loire.

France Alzheimer Loire, au 06 40 97 83 21, pour parler à quelqu'un qui a déjà vécu ces nuits, et pour les formations d'aidants où l'on apprend précisément les gestes qui apaisent.

Le CLIC ou le Département, pour demander une réévaluation de l'APA. Des nuits agitées justifient une aggravation du plan d'aide.

Reprendre la main sur les nuits

Quelques réglages de journée changent souvent les nuits en deux à trois semaines.

  • Lumière du jour et sortie le matin, pour recaler l'horloge.
  • Activité physique dans la journée, sieste limitée à trente minutes en début d'après-midi.
  • Pas de café ni de thé après le déjeuner, dîner léger, pas de liquide abondant après 19h.
  • Un rituel du coucher identique chaque soir : même heure, même musique, même tisane, mêmes gestes.
  • Passage aux toilettes systématique avant le coucher.
  • Une chambre où l'on reconnaît quelque chose : une photo, un objet familier visible depuis le lit.

L'accueil de jour, une à trois fois par semaine, aide énormément ici : une journée stimulée et rythmée produit une nuit plus calme. À Saint-Étienne, Les Bergamotes ; ailleurs, les EHPAD du secteur.

Les nuits vous épuisent ?

Un Autre Chez Soi ouvre en décembre 2026 à Villars un habitat partagé Alzheimer de 8 places avec des auxiliaires de vie présents toute la nuit, environ 2 500 €/mois.

Rejoindre la liste d'attente

Ce que ces nuits signalent

Il faut le dire clairement, parce que personne ne le dit aux familles.

Les sorties nocturnes sont le signal le plus net que le domicile a besoin d'une présence de nuit. Pas d'un détecteur, pas d'un GPS : d'un être humain réveillé pendant que votre proche dort ou erre. Or c'est exactement ce que le domicile seul ne peut pas offrir. Une aide à domicile intervient le jour. Une garde de nuit privée coûte plusieurs milliers d'euros par mois. Et l'aidant qui fait les nuits lui-même tient trois mois, six mois, puis c'est lui qui s'écroule.

C'est pourquoi les nuits sont, dans notre expérience, le premier des sept signaux qui disent que le domicile ne tient plus. Nous les passons tous en revue dans Alzheimer, jusqu'à quand rester à domicile.

Les options quand la nuit devient le problème

OptionCe que ça règleLimite
Garde de nuit à domicileUne présence humaine, chez soiCoût très élevé, non pris en charge par l'APA au-delà du plan d'aide, épuisant à organiser
Hébergement temporaire en EHPADSouffler quelques semaines, testerTransitoire, dépaysant, places rares
EHPAD avec unité protégéeSécurité et équipe de nuit12 à 18 mois d'attente à Saint-Étienne, établissement de 80 à 150 résidents
Habitat partagé accompagnéPrésence 24h/24 dans une maison de 8, chambre à soiStades léger à modéré, peu de places dans la Loire

C'est pour ce moment précis que Françoise et Didier ont fondé Un Autre Chez Soi en 2021. En décembre 2026, nous ouvrons à Villars, à dix minutes de Saint-Étienne, un habitat partagé Alzheimer de 8 places : une maison avec jardin, une chambre privative que chacun meuble avec ses affaires, des auxiliaires de vie présents 24h/24, nuit comprise, un accompagnant pour quatre résidents, des familles bienvenues sans horaires. Environ 2 500 €/mois avant aides. Pour les stades léger à modéré, c'est souvent la réponse qui manque entre un domicile qui ne tient plus et un établissement de 100 résidents. Pour en parler : 06 67 48 80 91.

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Questions fréquentes

Pourquoi une personne Alzheimer sort-elle la nuit ?

Cinq causes se combinent : l'inversion du rythme jour-nuit provoquée par la maladie, la désorientation au réveil qui pousse à chercher un repère ancien (la maison d'enfance, le travail), un besoin physique comme l'envie d'uriner ou une douleur, une cause médicale aiguë comme une infection urinaire ou un médicament mal toléré, et l'angoisse du soir. Ce n'est jamais un caprice.

Faut-il fermer la porte à clé ?

Non. Une personne enfermée qui veut sortir panique, cherche une autre issue, risque la chute et vit une détresse qui aggrave tout. Sécurisez autrement : détecteur d'ouverture avec alarme dans votre chambre, veilleuses vers les toilettes, manteau et clés hors de vue, carte d'identité avec votre numéro dans la robe de chambre, voisins prévenus.

Qui appeler dans la Loire quand un proche Alzheimer erre la nuit ?

Le médecin traitant dès le lendemain pour éliminer une cause médicale et revoir les traitements. En cas de crise, l'unité mobile de neuro-psycho-gériatrie du CHU de Saint-Étienne se déplace à domicile au 04 77 12 71 20, du lundi au vendredi de 9h à 16h. France Alzheimer Loire au 06 40 97 83 21 pour le soutien et les formations d'aidants. Le CLIC pour une réévaluation de l'APA.

Les sorties nocturnes signifient-elles qu'il faut placer en EHPAD ?

Elles signifient que le domicile a besoin d'une présence humaine la nuit, ce qu'une aide à domicile de jour ne fournit pas et qu'un aidant seul ne peut tenir longtemps. Les options sont la garde de nuit privée, très coûteuse, l'hébergement temporaire, l'EHPAD avec unité protégée, ou l'habitat partagé accompagné 24h/24, qui offre cette présence dans une maison de 8 plutôt qu'un établissement de 100.

Une alternative humaine à l'EHPAD dans la Loire

Un Autre Chez Soi ouvre en décembre 2026 à Villars (42). 8 places en habitat partagé Alzheimer, accompagnement 24h/24, environ 2 500 €/mois.

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