En France, 11 millions de personnes accompagnent quotidiennement un proche en perte d'autonomie. Pour les aidants familiaux Alzheimer, l'épuisement guette : stress chronique, isolement, charge mentale permanente. Le droit au répit, inscrit dans la loi depuis 2015, offre des solutions concrètes pour souffler.
Qu'est-ce que le droit au répit ?
Créé par la loi d'adaptation de la société au vieillissement (ASV) du 28 décembre 2015, le droit au répit permet aux aidants de bénéficier de solutions de relais pour leur proche, financées en partie par l'APA.
Concrètement, lorsque le plan d'aide APA de la personne aidée atteint son plafond, un complément de 548,54 € par an (montant 2026) peut être accordé pour financer des solutions de répit.
Bon à savoir : le droit au répit s'ajoute au plan d'aide APA. Il n'est pas nécessaire de faire une demande séparée : il est évalué lors de l'instruction ou la révision du plan d'aide par l'équipe médico-sociale du Département.
Les solutions de répit disponibles
L'accueil de jour
Votre proche est accueilli dans une structure spécialisée pendant la journée (généralement de 9h à 17h). Il bénéficie d'activités adaptées (stimulation cognitive, ateliers manuels, musique) encadrées par des professionnels. C'est aussi l'occasion de maintenir le lien social.
Coût : 20 à 40 € par jour (reste à charge après APA). Fréquence : 1 à 5 jours par semaine.
L'hébergement temporaire
Un séjour de courte durée (quelques jours à quelques semaines) en EHPAD ou en structure spécialisée. Idéal pour les vacances de l'aidant, une hospitalisation ou simplement pour souffler.
Durée : jusqu'à 90 jours par an. Coût : 50 à 80 € par jour (reste à charge).
Le relais à domicile
Un professionnel vient au domicile pour prendre le relais de l'aidant pendant quelques heures ou une journée. Votre proche reste dans son environnement familier.
Coût : 20 à 30 € de l'heure (partiellement pris en charge par l'APA).
L'habitat partagé
Solution pérenne de répit : votre proche vit dans un habitat partagé avec un accompagnement 24h/24, tandis que vous restez impliqué dans son quotidien sans porter seul la charge. C'est un répit permanent qui préserve le lien familial.
Coût : 1 400 à 2 000 € par mois. Voir notre article sur le coût de l'habitat partagé.
Le congé de proche aidant
Tout salarié peut bénéficier d'un congé de proche aidant pour accompagner un proche en perte d'autonomie :
- Durée : 3 mois, renouvelable dans la limite d'1 an sur toute la carrière
- Indemnisation : AJPA d'environ 64 € par jour (66 jours maximum)
- Conditions : aucune condition d'ancienneté, ouvert à tous les salariés
- Demande : auprès de l'employeur avec un préavis d'1 mois
Pour plus de détails sur les aides financières, consultez notre guide complet des aides financières Alzheimer.
Les plateformes de répit
Les plateformes d'accompagnement et de répit (PFR) sont des structures qui informent, orientent et soutiennent les aidants. Elles proposent :
- Un entretien d'évaluation de votre situation
- Des groupes de parole entre aidants
- Des ateliers de formation (gestion du stress, communication avec le malade)
- Une orientation vers les solutions de répit adaptées
- Un soutien psychologique individuel
Pour trouver la plateforme de répit la plus proche, contactez France Alzheimer ou le CLIC (Centre Local d'Information et de Coordination) de votre secteur.
Comment demander le droit au répit ?
- Vérifiez que votre proche bénéficie de l'APA (sinon, faites la demande auprès du Département)
- Demandez une révision du plan d'aide si le plafond est atteint
- Mentionnez votre besoin de répit lors de l'évaluation par l'équipe médico-sociale
- Choisissez la solution de répit qui vous convient (accueil de jour, hébergement temporaire, relais à domicile)
- Le complément de 548 € sera ajouté au plan d'aide si les conditions sont remplies